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Le 17e Salon de la revue aura lieu les samedi 20 octobre de 10 h à 20 h
et dimanche 21 octobre de 10h à 19 h 30
à l'Espace d'animation des Blancs-Manteaux,
48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris.
 
     
 


 

Inauguration
le vendredi 19 octobre de 21 h à 23 h
sur invitation disponible pour nos abonnés et amis, s'adresser à : revue.formules@wanadoo.fr

Les revues FORMULES et FPC seront présentes sur leur stand commun ainsi que sur le stand Wallonie-Bruxelles
(pour la localisation des stands voir panneau indicateur sur place)

     
 

Retours au sonnet
Poitiers, 1er - 2 septembre 2007

Le sonnet a-t-il jamais été délaissé ? Assurément oui, tant l’on sait que certaines périodes, à commencer par l’Entre-deux-guerres du XXe siècle en France, connaissent une manière d’éclipse du sonnet, du moins du côté des poètes les plus exigeants et conscients de leur art. Et pourtant non, ne serait-ce que parce que l’idée même de sonnet, la pensée du sonnet comme modèle, comme forme, n’a jamais cessé d’occuper l’esprit, y compris des poètes les plus enclins à jeter aux orties des formes un temps jugées par trop académiques.
On assiste cependant depuis plusieurs décennies, en France à tout le moins, à un renouveau du sonnet, auquel ont fait retour aussi bien des poètes éminemment préoccupés par les formes et les contraintes (à commencer par Jacques Roubaud et d’autres oulipiens) que des poètes a priori plus éloignés de telles considérations ou qui les envisagent autrement (de Jacques Réda à Emmanuel Hocquard en passant par Jude Stéfan, Jacques Darras ou, tout récemment, Bernard Noël). Chez plusieurs de ces poètes, comme chez un Aragon et un Queneau en leur temps, ce retour au sonnet a pu découler, ou s’est accompagné, d’un regain d’intérêt, voire d’une redécouverte de certains sonnettistes des siècles passés, en particulier du XVIe siècle.
Ce colloque se donne donc la double ambition d’examiner les pratiques actuelles du sonnet et de s’attacher à divers aspects du retour à l’histoire du sonnet, à la redécouverte de ses visages anciens depuis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale.

Ce colloque a été organisé à l’université de Poitiers les 1er et 2 septembre 2007
par les revues Formules et Formes poétiques contemporaines
avec la collaboration de la revue La Licorne
et avec le soutien de l’équipe FORELL (EA 3816, Université de Poitiers / M.S.H.S.)

Comité scientifique : Alain Chevrier, Pierre Martin, Dominique Moncond’huy, Henri Scepi et Bernardo Schiavetta


 

Nous rappelons à nos lecteurs que FORMULES et FPC organisent le IIeColloque Formules de Cerisy au CCIC (château de Cerisy-la-Salle), du 11 au 18 juillet 2008 . Le séjour en pension complète est ouvert aux auditeurs qui voudraient profiter de la vie de château en plus des conférences et débats.
Prix spéciaux pour les étudiants. Nous contacter.
Le CCIC se trouve en Normandie



La forme et l’informe dans les créations de notre temps

Notre colloque traitera de la forme et l’informe dans les domaines littéraires et artistiques aux époques moderne et contemporaine.
Dans le domaine de la stylistique littéraire, la réflexion sur la forme, au sens néo-rhétorique du terme, a été centrale pendant l’embellie structuraliste, héritière du formalisme russe. Actuellement, elle est passée à l’arrière plan, sauf dans certains cas, comme l’étude de ces règles textuelles hors normes que sont les « contraintes », poursuivie depuis 1997 par la revue Formules, co-organisatrice du Colloque.

L’intérêt actuel pour la question de l’informe, dont témoignent des projets littéraires comme la Revue de littérature générale (1995-1996, directeurs : Olivier Cadiot et Pierre Alféri) ou l’exposition « L’informe : mode d’emploi » à Beaubourg en 1996 (commissaires : Rosalind Krauss et Yves-Alain Bois), témoigne de manière paradoxale d’un souci comparable, même si les réponses avancées, parfois iconoclastes, ne vont pas dans la même direction.

En esthétique et en histoire de l'art, une tradition bien ancrée a installé une conception perdurable de la forme, moment ou état nécessaire des œuvres d'art. Les problématiques modernes de la forme ne se posent pas avant le romantisme et elles sont actuellement éludées, voire oubliées. Du « formalisme » de Konrad Fiedler à celui de Heinrich Wölfflin, de la « forme signifiante » du critique Clive Bell au formalisme de Clement Greenberg, des relations du matériau et de la forme chez Adorno à la théorie de la « formativité » de Luigi Pareyson, du Pathos Formel d'Aby Warburg aux travaux récents de Georges Didi-Huberman sur la forme et l'informe, les réflexions semblent ne pas manquer, et même se renouveler. Force est de constater qu'il n'en est pas vraiment ainsi, surtout lorsque l'on s'attache aux productions artistiques et critiques des trente dernières années : les questions de forme sont rarement évoquées pratiquement et théoriquement.

Si toute œuvre se donne et apparaît nécessairement dans et avec une forme, comment expliquer une telle occultation ou une telle suspension ?
L'incroyable multiplication des formes artistiques dans l'art moderne et contemporain, ainsi que dans la création poétique au sens large (littérature numérique, roman expérimental, poésie sonore, visuelle, etc.) pourrait sans doute rendre compte du présent contexte. Toutefois, la multiplicité même de ces réalisations entraîne justement le risque d’effacer la problématique de leur principe commun, la forme. Ce serait un paradoxe : les formes sont si nombreuses qu'elles sont résorbées, dépassées par d'autres questions (contenus, enjeux socio-économiques et politiques, art pour l'art....).

Dans ce colloque, nous souhaitons donc réaffirmer la prépondérance de la problématique de la forme dans la création moderne et contemporaine, et continuer d'en analyser les implications et développements possibles.

 
 

COMPTES-RENDUS DE LECTURE n°8


Thora van Male, L’esprit de la Lettre
2007- Editions Alternatives – 144 p. 15 €

Il s’agit d’une sorte d’encyclopédie de l’alphabet. 26 entrées donc, une par lettre, et pour chacune tout ce qu’on peut en dire : rôles symboliques et religieux, valeurs poétiques, utilisations littéraires, significations pratiques, épisodes historiques. Les chapitres sont entrecoupés d’alphabets : alphabet de marine, alphabet à bras, mais aussi alphabet routier, cyclonique, corporel, militaire, etc.
Le livre est illustré de lettrines anciennes et d’iconophores, et est écrit avec beaucoup d’humour et d’esprit.

Thora van Male est maître de conférence à l’IEP de Grenoble. Elle se définit comme une « dicophile », et travaille plus particulièrement sur les lettres et l’alphabet. Son précédent livre Art Dico (2005 – Éditions Alternatives – 160 p. 27 €) étudiait l’illustration ornementale des dictionnaires et particulièrement les iconophores (bandeaux des dictionnaires du XIXe et début du XXe siècle, qui présentaient chaque lettre de l’alphabet entourée de signifiés dont le nom commençait par cette lettre). Un très beau travail que l’auteur a poursuivi sur son site .

François Caradec, Les nuages de Paris,
Maurice Nadeau, éditeur (2007) 123 pages, 20 euros

Un vrai régal que cet « album », dont les illustrations sont toutes virtuelles mais décrivent un Paris original, souriant et malheureusement en train de passer.

Ceux qui ne connaissent pas l'auteur découvriront une forme d'humour souvent au second degré, laissant percer une certaine nostalgie. Sous des textes très poétiques l'auteur montre pour notre capitale, une admiration, que dis-je, un amour caché pudiquement sous une ironie jamais méchante. Car manifestement François Caradec connaît Paris comme sa poche et arrive à en décrire les odonymes d'érudite façon, sans être pédant ! Ainsi il oblige le lecteur à s'impliquer et à rechercher qui se cache derrière Vaudrezanne, Tronson-Ducoudray ou Gaultier-Garguille, alors que le poème du même nom n'est d'aucun secours de ce point de vue. Et que dire de l'Agessa, deux fois citée, dont un bistrot proche reçoit la pratique de François Caradec ?

Les lecteurs habituels ne seront pas déçus, retrouvant avec plaisir des classiques comme Paris périphérique (Bibliothèque Oulipienne n°96) ou comme Le Cimetière du Père Lachaise — chantée par Mauguière.

Chacun s'attachera à trouver et à dénoncer des contraintes oulipiennes, textes à démarreur simple ou double (Il y a une rue et Avenue de l'Observatoire), homophonies calembourgeoises (Plaque de rue), tautomérie (les passeurs passe-partout, pastiches des passions des Passages de Paris), sans parler des listes, de rimes vocaliques par lesquels on trouve dans un pentain les « rimes » successives vague, bègue, figue, synagogue et fugue (Rue Jean-Nohain) et même une « morale élémentaire » qui eût peut-être mérité une mini-explication !

François est un grand romantique, féru d'amour courtois et de la forme poétique de l'époque, ce que l'on retrouve de façon parfois autobiographique. On retrouve également la verve et la créativité dont l'auteur faisait preuve dans Le Porc, le Coq et le Serpent, paru chez le même éditeur en 1999, avec vers libres, distiques, allusions et hommages les plus variés, à la manière de, et chutes toujours surprenantes ou incongrues.

Comme il me faut faire un choix, parmi de nombreux bijoux je citerai cette suite d'alexandrins sans rime autres que Pilon-Carton, ni raison (apparente) pour certains d'entre eux. Bonne quête.

Il pleut rue des Saussaies

On gèle rue Lacaille il pleut rue des Saussaies
ne fait chaud qu'à demi rue de la Michodière
et l'on perd ses cheveux dans la rue Croulebarbe.

La rue Albert-Samain près la rue Alasseur
pour la rue Léchevin la rue Léon-Descaves
et vous en ferez une rue de l'Abbé-Carton.

La rue de Bagnolet attire les tulettes
la rue Poulet mangea la rue Germain-Pilon
mais quand ? la rue Bezout ne le dira jamais.

En bref, il s'agit d'une excellente lecture qui devrait ravir et fera travailler ceux qui découvriraient Caradec, tout comme ceux qui connaissent bien l'auteur retenu et plein d'humour des lectures oulipiennes et hagiographe exclusif d'Allais. Pour bien débuter cherchez donc la particularité de cet hommage citant Georges Perec :

Du parc Montsouris à la Nation
Il n'y a plus un mur d'aplomb

Alain Zalmanski



Max Bense. Aesthetica. Introduction à la nouvelle esthétique.

Préface par Hans Hartje "Passages".
Traduction de l'allemand par Judith Yacar. Cerf, octobre 2007, 62 Euros.

L'Aesthetica est l'ouvrage le plus connu et le plus important de Max Bense, auteur malheureusement méconnu en France, parce que non traduit jusqu'ici.
C'est un texte riche et comlplexe : il tend à poser les fondements d'une nouvelle esthétique. En s'inspirant des sciences mathématiques, Bense développe des méthodes et cherche à établir des théorèmes rendant possibe l'application de cette discipline nouvelle aux œuvres d'art de toutes natures, qu'il s'agisse des arts plastiques ou de la littérature. On trouvera par conséquent dans cet ouvrage de nombreux exemples d'application de l'analyse bensienne (aux domaines des arts plastiques, de la littérature, de la musique, du design, etc., qui se veut par définition une esthétique non interprétative, à l'opposé de l'esthétique de Georg Luckacs, pour prendre l'exemple d'un contemporain.
Bense lui-même définit cette nouvelle discipline comme suit : « Il existe non seulement un art moderne mais aussi une esthétique moderne ; en la nommant « moderne » nous voulons dire qu'il ne s'agit pas tant d'une esthétique uniquement philosophique que d'une discipline scientifique, que cette discipline se veut un domaine de recherche ouvert et accessible par la méthode, donnant la préférence à la méthode rationnelle et empirique de l'analyse plutôt qu'aux interprétations spéculatives et métaphysiques. Dans la mesure où cette esthétique moderne comprend tout un réseau de recherches fondamentales prenant appui sur les concepts, les modèles et les résultats de la science mathématique, de la physique, des sciences de la communication et de l'information, on comprendra pourquoi on peut parler à juste titre d'une esthétique exacte voire technologique, laquelle constitue réellement un novum si l'on se réfère à l'histoire de l'esthétique et des théories de l'art dont, jusqu'à aujourd'hui, ce sont surtout les philosophes qui se sont chargés. »

Cet ouvrage, rédigé en plusieurs étapes de 1954 à 1982, témoigne également de l'évolution de la pensée de Max Bense. L'influence de Charles S. Peirce notamment est particulièrement sensible à partir de la deuxième partie du livre (Aesthetica II) et l'attention accrue portée au signe permet de lire l'esthétique de Bense comme une esthétique de l'information et comme une sémiotique.

4e de couv.

Umberto Eco, Dire presque la même chose. Expériences de traduction.
Trad. Myriem Bouzaher. Grasset, septembre 2007, 464 p.

Supposons que dans un roman anglais, un personnage dise “it's raining cats and dogs”. Le traducteur qui, pensant dire la même chose, traduirait littéralement par “il pleut des chats et des chiens” serait stupide. On le traduira par “il pleut à torrents” ou “il pleut des
cordes”. Dire presque la même chose n'est pas un essai théorique sur la
traduction, mais une illustration des problèmes que pose la traduction à travers des exemples qu'Umberto Eco a vécus : en tant qu'éditeur, en tant qu'auteur, en tant que traducteur. Ce sont ces trois éclairages que nous retrouvons dans un ouvrage qui fourmille d'exemples. Nul besoin de maîtriser les langues citées pour comprendre, puisqu'on est
toujours dans la comparaison. Umberto Eco nous enseigne que la fidélité n'est pas la reprise du « mot à mot » mais du « monde à monde ». Les mots ouvrent des mondes et le
traducteur doit ouvrir le même monde que celui que l'auteur a ouvert, fût-ce avec des mots différents. Les traducteurs ne sont pas des peseurs de mots, mais des peseurs d'âme. Dans ce passage d'un monde à l'autre, tout est affaire de négociation. Le mot est lâché : un bon traducteur sait négocier avec les exigences du monde de départ pour déboucher sur un monde d'arrivée le plus fidèle possible, non pas à la lettre mais à l'esprit. Tout est donc dans le « presque » du titre.  (M. B.).

Hélène Maurel-Indart, Plagiats, les coulisses de l'écriture,
Les essais, Editions de la Différence, juillet 2007, 282 p. 25 euros.

Depuis la publication de l'ouvrage "Du Plagiat" (PUF, 1999), qui fait désormais référence sur les questions d'emprunt et d'originalité en littérature, l'actualité a apporté de nouveaux éléments de réflexion, qu'il s'agisse des débats théoriques sur la notion de droit d'auteur ou de récentes affaires de plagiat et de contrefaçon. Ce nouvel essai, Plagiats, les coulisses de l'écriture, prolonge ces investigations, soit par des éclairages historiques qui permettent de mieux comprendre le présent, soit par des enquêtes inédites concernant des cas précis et contemporains de falsification ou de contrefaçon. On touche désormais
de très près à l'actualité littéraire. L'auteur procède par démonstrations et constats : jamais il ne fait de procès d'intention.
Toujours en effet, il s'agit d'observer, dans les coulisses de la création littéraire et des maisons d'édition, la gestation de l'oeuvre et sa divulgation.

Ian Monk, Plouk Town.
Introduit par Jacques Roubaud. Cambourakis, septembre 2007, 168 p.

Un poème comme Plouk Town tu peux pas l'écrire tu vois si tu crois que dans la Vraie Poésie avec des majuscules il n'y a pas de « salope » et de « ton cul » et de « sécu » même si dans la vraie vie sans majuscules il y en a de ces trucs mais en fait si tu te trompes il y en dans la vraie poésie sans majuscules et même des « je t'aime » et des « Marlboro » et des « merde » et tu ferais bien de te lancer dans Plouk Town comme on se
jette dans le vide, parce que Plouk Town tu vois eh bien Plouk Town c'est la preuve par Monk. (Hervé le Tellier).

C'est une oeuvre irrésistible : un vocabulaire qui ramasse tout, une plénitude formelle qui nous secoue sans arrêt, une vision de la douce France frémissante d'une rage qui si terrible qu'elle soit, est finalement la rage de vivre. (Harry Mathews).

 

 
 
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